Danses et pouvoir d'agir
depuis 2018, avec Isabelle Launay. Séminaire de master
Depuis 2018, ce séminaire de master poursuit l'analyse d'œuvres chorégraphiques qui œuvrent avec des figures socialement rejetées ou qualifiées d' « atypiques », « autres », ou encore en partie invisibilisées dans le champ chorégraphique dit « contemporain ». Et cela de diverses façons : soit parce qu'elles ne correspondent pas aux canons gestuels et corporels d'une danse contemporaine dominante, soit parce qu'elles sont socialement marginalisées, ou les deux à la fois. C'est leur pouvoir d'agir, leur travail de subjectivation, leur inventivité et les puissances possibles avec lesquelles elles s'emparent.
Ecrire son histoire du mouvement : autobiographie et histoire des gestes
Master (2010-2011)
Ce séminaire prolonge celui ouvert l'année précédente sur l'histoire du métier de danseur à travers ses représentations dans les autobiographies de danseurs du XXème siècle. L'année 2009-2010 fut essentiellement consacrée :
- à dégager certaines thématiques (conditions d'écriture et cadres du récit, enfance et récit de vocation/formation, les images de l'artiste en danse, la création et la scène, les collaborations, les conditions économiques du travail et ses lieux, etc) et à les analyser dans le cadre de trois cas précis (les textes autobiographiques d'Isadora Duncan, de Maurice Béjart et de Simone Forti)
- à produire une série de fiches sur une vingtaine d'autres autobiographies de danseurs publiées en France au XXème siècle.
Nous souhaitons pour cette année, partir de cet acquis en vue d'approfondir une seule de ces thématiques, celle qui concerne la mise en récit de la construction d'une corporéité dansante, en d'autres termes l'élaboration du récit somatique. Ce séminaire trouvera des prolongements dans le séminaire intensif consacré à l'histoire sociale du métier. Eléments pour une histoire du métier en danse, XVIIème-XXème
Eléments pour une histoire du métier en danse, XVIIème-XXème
Master-doctorat (2010-2011)
Isabelle Launay en collaboration avec le groupe de l'Atelier d'histoire culturelle de l'EHESS et des conférenciers
Force est de constater qu'il n'existe pas à ce jour une histoire du métier en danse en France sur les époques moderne et contemporaine. Aussi est-ce pour répondre en partie à ce manque, et dans des limites de ce cadre, que le séminaire se propose de rassembler sur une période intensive, un groupe de chercheurs travaillant essentiellement sur la France afin qu'ils puissent discuter leurs hypothèses de travail. Il s'agit de faire un premier état des lieux de leurs connaissances sur la construction du métier en danse. En effet, si tel n'est pas le plus souvent directement l'objet de leur recherche, l'histoire sociale et juridique du métier en danse croise par biens des aspects son histoire culturelle, technique comme ses esthétiques. Si le métier est un des modes de socialisation du travail en danse, comment s'est-il donc construit et en fonction de quels enjeux ?
L'enjeu du séminaire serait en outre de réfléchir aux conditions d'une possible périodisation de cette histoire.
Pour chaque séance, l'intervenant proposera quelques dates ou moments qui lui semble important de privilégier dans la perspective d'une histoire du métier en danse. Il apportera deux ou trois documents sources premières à partager et soumettre au regard critique, aiguisé et bienveillant des participants en vue d'expliciter son rapport aux sources.
Identité et mémoires des œuvres chorégraphiques
Master (2001-2004)
Le séminaire s'est attaché les deux premières années (en collaboration avec F. Pouillaude) à travailler sur la notion d'identité d'une œuvre en danse, de répertoire, sur les traces spécifiques (notations chorégraphiques, témoignages issus de la tradition orale) ainsi que sur les divers processus mémoriels et leurs raisons (reprise, reconstitutions, recréations, etc).
Les deux années suivantes ont permis de faire des études de cas, notamment d'une pièce contemporaine importante ("Love" de Loïc Touzé et Latifa Laâbissi, 2003), d'une pièce historique des avant-gardes américaines des années soixante-dix, "Trio A", d'Yvonne Rainer, transmise par Fabienne Compet. Le séminaire a compris une partie pratique de répertoire menée par les artistes invités, et une partie historique et théorique qui vise à définir les conditions de possibilité de sa reprise aujourd'hui. Chaque année, des artistes et des conférenciers sont invités.
Introduction aux discours sur le corps
Licence 3
Ce cours s'attache à présenter les différents champs et options philosophiques des discours qui prennent en charge la question du corps, en s'attachant à définir les concepts qui pourraient être pertinents ou non pour le champ de la danse. Il aborde ainsi l'anthropologie du corps, l'histoire du corps en Occident et ses diverses constructions, mais encore la performance du genre, et enfin l'expérience du corps sensible telle qu'elle s'analyse dans la phénoménologie.
Les projets esthétiques de la modernité en danse
Licence 3
Ce cours d'histoire de la danse au XXe siècle est centré sur la modernité européenne. Il aborde avec des documents textuels et des films d'archives, à chaque séance, les projets artistiques et les œuvres majeures de la danse moderne, en particulier l'œuvre de Nijinski, de Laban, et l'ensemble du courant dit « expressionniste allemand », mais aussi V. Gert et O. Schlemmer, en lien avec l'histoire des avant-gardes artistiques. Il permet de poser les paradigmes fondamentaux des projets modernes en danse, leur actualité dans les œuvres contemporaines, d'introduire la notion de modernité et de poser les problèmes épistémologiques de base en histoire de la danse. Le cours s'attache autant à préciser le contexte historique et esthétique des œuvres du début du siècle, qu'à analyser leurs devenirs dans les divers modes de reprises contemporaines.
Méthodologie de la recherche en danse
Master
Le cours relève plutôt d'un atelier collectif de réflexion qui vise à orienter les étudiants dans leur recherche documentaire, dans l'élaboration d'une problématique, dans la définition de leur corpus. Ce cours permet ainsi un partage, entre jeunes chercheurs, de leurs difficultés comme de leurs avancées.
Poétiques de la citation en danse
Depuis 2012. Séminaire de Master
Comment se débrouiller avec le déjà-dit ou le déjà dansé, et qu'en faire ? Force est de constater qu'une part de la danse contemporaine a dénoué l'emprise de la tradition orale et ouvert un mode spécifique de relation au passé. Dans cette perspective, on voudrait faire fructifier, pour le champ chorégraphique, l'idée de W. Benjamin, selon laquelle la modernité exigeait de découvrir un style de rapport au passé qui substitue à la transmission du passé, sa "citabilité", à son autorité cette force inquiétante de s'installer par bribes dans le présent. La présence et le travail d'une danse antérieure dans une autre danse sera l'objet de réflexion du séminaire, qu'elle relève de la citation, du plagiat, de l'allusion, de la parodie, du burlesque ou plus généralement d'un travail critique. On se penchera ainsi non seulement sur les danses, sources et archives citées, mais sur ce qu'elles deviennent une fois reprises dans un autre contexte selon des processus très divers, adaptation, variation, re-enactement. Le séminaire analyse chaque année des œuvres différentes en fonction de l'actualité et d'un recueil de textes théoriques de chercheurs (notamment en danse) sur cette question.
Questions d'histoire
2004-2005 - Master. Séminaire mené conjointement par Isabelle Launay et Julie Perrin.
A partir de la lecture de textes d'historiens et de philosophes, ce séminaire propose des réflexions méthodologiques et épistémologiques qu'engage tout discours historique. Ces questions d'histoire conduisent à envisager les conditions d'une histoire de la danse, à s'interroger sur la nature et le statut du document (iconographique, filmé, textuel, radiophonique...) ou à croiser une réflexion anthropologique (car le chercheur en danse est aussi témoin et observateur de terrain). Corpus : Corbin, Pastoureau, Elias, Foucault, Didi-Huberman, Barthes, Krauss, Crary, Laplantine...
Réfléchir à l'histoire de la danse, non plus comme discipline, mais comme processus. Il s'agit d'envisager la manière dont les œuvres chorégraphiques peuvent être les premiers interprétants des œuvres. En d'autres termes, interroger les usages du passé en danse contemporaine et les modalités de circulation des gestes anciens (reconstruction, restauration, remémoration, dissémination, citation, copie, survivances, etc.).