Groupe de recherches "Soma & Po : Somatiques, esthétiques, politiques"
Groupe fondé à l'initiative d'Isabelle Ginot. Membres fondateurs : Marie Bardet, Carla Bottiglieri, Joanne Clavel, Isabelle Ginot, Beatriz Preciado, Violeta Salvatierra.
Date : depuis 2010.

Le groupe de recherche « Somatiques, esthétiques, politiques » réunit des chercheur/e/s et praticien/ne/s travaillant sur les techniques du geste à partir de la perspective des pratiques somatiques, il poursuit 3 grandes sphères d'objectifs :

Contribuer à constituer un champ émergeant de recherches sur les pratiques du geste, et à construire ce champ dans une approche nécessairement interdisciplinaire où les perspectives des sciences humaines et de la philosophie croisent celles des sciences dites « dures », mais surtout, où le travail de conceptualisation s'articule à partir des pratiques elles-mêmes.
Construire des outils de description et d'analyse des pratiques somatiques qui favorisent le dialogue interdisciplinaire
Développer un champ de pratiques somatiques comme « somato-politique », autrement dit, interroger et élaborer une pensée politique des pratiques somatiques ; inventer les pratiques somatiques comme pratiques politiques et particulièrement comme instrument de dés-assujettissement et outil potentiel des luttes des minorités.

A ce titre, le groupe peut travailler selon des méthodologies de recherche traditionnelles (histoire et théories du corps, études critiques), mais s'attache prioritairement à constituer la pratique comme méthodologie de recherche, et les savoirs des praticiens, comme savoirs légitimes. Il s'engage donc également dans des approches épistémologiques (études critiques, analyse des discours), dans des recherches-action (interventions somatiques auprès de publics dits « vulnérables »), des enquêtes de terrain (constitution d'un corpus de paroles d'usagers). Il travaille à part égale à des productions scientifiques traditionnelles visant à instituer les pratiques somatiques comme objet de recherche (publications, communications, colloques), et au développement de nouveaux usages des pratiques somatiques, notamment dans le champ social et politique.




Pratiques corporelles et pouvoir d'agir : pour une approche politique des pratiques somatiques
Le groupe "Soma & Po" est lauréat de l'appel à projet PARI (Programme d'aide à la recherche innovante, Université Paris 8) 2011-2013 pour le projet "Pratiques corporelles et pouvoir d'agir : pour une approche politique des pratiques somatiques.

Les pratiques somatiques sont un ensemble de pratiques corporelles (parfois aussi nommées psycho-corporelles) dont l'émergence commence au tournant du 19ème et 20ème siècle, et qui continue à se développer jusqu'à aujourd'hui. Leur histoire est étroitement mêlée à celle de la danse, car les danseurs s'appuient sur ces pratiques corporelles non dansées, soit pour des raisons de santé (prévention et récupération des nombreux accidents professionnels), soit dans des périodes de remise en cause des normes esthétiques et techniques dominantes. Elles entretiennent aussi un dialogue avec les pratiques corporelles extra-occidentales (yoga, arts martiaux) ; et enfin, elles se situent tout au long de leur histoire en marge, mais en regard, des savoirs médicaux et scienfiques dominants. Le terme de somatics, proposé dans les années 70 par Thomas Hanna pour désigner l'ensemble de ces techniques, veut signifier la prise de distance avec les approches dominantes du corps médicale, biologique, sportive, etc., et rejoint les courants philosophiques (phénoménologie) et critiques (culturalisme anglo-saxon) qui fondent une critique de la catégorie de corps telle qu'elle s'impose dans les traditions théoriques dominantes (voir le désormais classique texte de Michel Bernard Le corps, son propre concept alternatif de corporéité, ou celui, anglo-saxon, de corporeality). Parfois nommées d'après le nom de leur fondateur (méthodes Alexander, Feldenkrais, Dannis Bois...) ou par un titre descriptif (eutonie - pour harmonie du tonus - Body-Mind Centering, Gymnastique Holistique, Idéokinésis, etc.) ; elles partagent un certain nombre de principes, au-delà des singularités de chaque méthode :
-une approche holistique du sujet,
- une visée mélioriste de changement dont le support principal est un travail sur la proprioception et la kinesthésie (d'où une rhétorique centrée autour de la conscience ou la prise de conscience du corps, du mouvement, de la posture, etc.)
- la prise en compte égale des perspectives subjective et objective sur le mouvement et la posture (autour d'un vocabulaire du ressenti ou du vécu)

Elles se situent aux marges des savoirs dominants de leur époque, en dialogue avec le monde médical (on les associe parfois à des médecines douces ou thérapies complémentaires), scientifique (elles puisent leurs tentatives de légitimation dans les connaissances biomécaniques, biologiques, physiologiques et neurologiques accessibles à leurs fondateurs), mais aussi économique (beaucoup d'entre elles se donnent pour enjeu l'amélioration des performances, du rendement, et on les retrouve, aujourd'hui encore, parmi les nombreuses techniques de coaching, de bien-être, de développement personnel au sein de l'entreprise), ou encore artistique (elles sont notamment un fond de ressource massif pour les artistes de la scène, et particulièrement les danseurs). Leurs discours s'organisent selon une rhétorique souvent proche du messianisme : un récit fondateur ancre l'émergence de chaque méthode autour du travail pionnier et solitaire d'un fondateur, confronté à un problème insoluble, parfois vitalement menacé, qui, à force de travail et d'inventivité exceptionnelle, va non seulement se guérir lui même, mais parvenir à soigner, ou guérir les autres, à partir d'une méthode présentée comme unique et universelle. Malgré leur finalité souvent clinique ou éducative, elles sont exclues du champ de la recherche médicale, scientifique (elles ont, dans les années 70, mieux été prises en compte par les Sciences de l'éducation), et souffrent d'un déficit théorique sévère qui en font aussi la proie de variations idéologiques incontrôlées, et surtout souvent inaperçues par leurs praticiens.

Cependant, malgré leur rationalité apparemment fragile, ces techniques ont fait la preuve de leur efficacité ; longtemps cantonnées (en France du moins) au marché du bien-être et du développement personnel, elles pénètrent de plus en plus, depuis une dizaine d'années, des structures institutionnelles allant de l'hopital à l'école en passant par le travail social et, bien sûr, le travail artistique. Bien que dénuées de toute labellisation institutionnelle, ces pratiques sont souvent perçues par les professionnels comme les outils pertinents pour répondre aux nouvelles missions des structures de soin ou d'accompagnement social, telles que la qualité de vie, l'éducation thérapeutique, et l'incontournable autonomie qui est au centre de la plupart des professions du travail social et du handicap. On assiste donc aujourd'hui à une sorte de dialogue impossible entre des pratiques minoritaires, fortement sous-théorisées et incapables de produire un discours descriptif et explicatif recevable, et institutions, qui font appel à elles tout en critiquant sévèrement leur incapacité à entrer dans les modèles de rationalité dominants. L'impossibilité de ce dialogue trouve sa plus grande visibilité dans les injonctions à l'évaluation, incontournables au sein de l'institution, et qui mettent les pratiques somatiques en échec (et réciproquement) ; évaluation statistiques, questionnaires de satisfaction, mesures physiologiques et biomécaniques ne rendent pas compte de l'expérience d'une pratique somatiques.

POUR UNE ÉPISTÉMOLOGIE POLITIQUE DES PRATIQUES SOMATIQUES
Il y a donc une nécessité sociale à construire une élaboration critique et conceptuelle de ces pratiques qui permettent d'en penser les usages. Cependant, il s'agit d'un domaine de recherches émergeant qui manque encore de publications sérieuses pour l'étayer, et qui n'est pas prêt à entrer dans les grands programmes de recherche tels que ceux de l'ANR. Notre groupe de chercheurs et enseignants chercheurs a engagé depuis 2006 un programme de recherches ambitieux qui a fait l'objet de premières publications récentes (voir la bibliographie) ; cependant, ce programme a été conduit jusqu'à maintenant sur des financements marginaux, très insuffisants, d'autant que les chercheurs qui l'animent sont pour beaucoup en situation de précarité (fin de contrat doctoral, chercheurs associés, etc.).

L'ensemble du programme comporte 4 axes de travail :

1. Analyse critique des discours somatiques endogènes
Analyse de la rhétorique, sources conceptuelles, identification des paradigmes conceptuels et scientifiques dominants
L'objectif de cet axe est de sensibiliser les professionnels et les usagers des pratiques somatiques - ainsi que les rares chercheurs qui s'intéressent à ce domaine - à une approche critique des discours somatiques endogènes et à leur tradition orale dominante, et à repérer les contradictions qui opposent souvent ces discours avec les contenus de leurs pratiques.
Cet axe s'appuie sur une méthodologie classique d'analyse de discours, il a déjà fait l'objet de plusieurs séminaire de master et doctorat (conduits par I. Ginot) et de publications, il ne nécessite aucun financement spécitS Cet axe s'apravail et d'e snti ou elr savoi labà sapprose de datiocommpratiques somatiques, notaeur beauudes/rns les tcherche médiorelles etenus te 4i qu pratiques somatiques.
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