Que peut la danse face aux violences incestueuses ? Ce mémoire étudie la pièce de théâtre et de danse « Les Chatouilles ou la danse de la colère » (2014) de et avec Andréa Bescond, et mis en scène par Eric Métayer, du point de vue de la danse et plus particulièrement de la lecture du geste. Le seul en scène raconte l'histoire d'Odette, une danseuse qui a été victime de violences sexuelles pendant son enfance par un ami proche de ses parents. Andréa Bescond interprète la dizaine de personnages qui ont façonné son histoire.
La danse apparait dans cette œuvre à la fois comme un sujet, un moyen de survie et un outil de représentation. Par l'incarnation des états de corps d'être et d'avoir été incestée, le travail de la corporéité de l'incesteur et des parents complices, et le changement de personnages constant au sein d'une structure qui impose la fixité des positions de chaque membre de l'entourage ; la pièce travaille à lever les infigurés de l'inceste. « Les Chatouilles ou la danse de la colère » produit de la connaissance sur l'inceste, plus qu'elle ne l'illustre. L'analyse du geste rend également compte de la manière dont Odette fait vibrer la structure inceste et la structure familiale qui l'écrase et déploient, malgré tout, des marges de manœuvres face aux violences et à la coercition. Enfin, ce mémoire examine la façon dont la pièce s'adresse aux spectateur·ices et travaillent à ce qu'un accueil de la violence soit possible.

